jeudi 30 avril 2015

Les artistes à poil


























15 commentaires:

  1. C'est mot pour mot et surtout trait pour trait ce que j'ai dans la tête depuis quelques temps !
    MERCI !

    RépondreSupprimer
  2. Bravo et merci ! Simple mais très bien résumé et efficace.

    RépondreSupprimer
  3. Très bien dit, et illustré. De plus, je vous invite à réfléchir sur les chiffres de la répartition.

    37% pour le point de vente : loin d'être vrai. Les libraires, les relais de presse, et de nombreux point de vente touchent entre 25% et 30% à peine. 18% pour la distribution, c'est également excessif, car pour les grosses machines type FNAC, les livraisons sont faites en centrale. Il y a de nombreux produits en vente dans ces espaces qui sont vendus avec des marges inférieures à 20%. On est loin des 18% + 37% réservés au livre. Mais le plus scandaleux, c'est la communication. Car dans l'immense majorité des cas, elle est limités à sa plus simple expression. Si les Levy, Musso et autres squattent les plateaux de télé, c'est loin d'être la cas de la plupart des auteurs. Or, c'est ceux pour lesquels on dépense le moins que l'on paye le moins; absurde, non ? Bref, ces chiffres sont faux, en réalité, car ils sont évidement fournis par les éditeurs. En vérité, moins les auteurs sont connus, moins l'éditeur s'attend à gagner beaucoup. Pour compenser, il limite ses coûts, tous ses coûts, pour compenser la quantité par une marge supérieure. Sur ce que je sais des pratiques de la distribution et ce que je vois des manquements en terme de communication, je pense que dans une majorité de cas, la part de l'éditeur tourne entre 40% et 50%, et ça peut être plus.

    Prenons le cas d'une distribution sur des relais de presse, via un réseau presse (secteur que je connais et donc je connais les pratiques commerciales). On livre les produits (tous, indifféremment de la notoriété, les distributeurs ne connaissent que des EAN13) en centrale pour distribution sur tout le réseau, et ça coûte, en négociant un peu, 30%, ce qui comprend le transport, le retour, la marge du réseau et la marge du détaillant.
    Comme le coût de communication est proche de 0 sur un auteur peu connu, et qu'on lui accorde 1% de droits d'auteur, vous comprendrez vite que les coûts liés à ce livre sont de 31%. Admettons 4% d'autres coûts cachés, on arrive à un gentil 35%. L'éditeur a donc gardé 65% pour des livres qu'il vendra peu et pour lesquels il a donc tiré peu d'exemplaires. Et il garde la possibilité d'une belle surprise, à laquelle il n'accordera pas de marge arrière, bien sûr. Alors, merci qui ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis très étonnée par ces chiffres de répartition du prix du livre qui arrivent à un total de 100% sans prendre en compte les coûts d'impression...
      Il me semble que c'est une erreur, ou alors un cas spécifique aux livres diffusés en magasins de presse (imprimés gratuitement en amalgame ? récupérés par d'autres créneaux ?)
      En tous cas dans l'édition indépendante on consacre souvent 20 à 25 % du PVP à l'impression, on paye toujours 10% minimum de droits d'auteur (mais attention les tirages et à-valoirs sont faibles, comme les chiffres de vente), et la marge éditeur varie entre 0 et 12%...
      et elle inclut les frais de promo ! Mais je parle ici de livre diffusés (par un diffuseur-distributeur) uniquement en librairies, grandes surfaces culturelles et sur le web. ça a l'air très différent pour les livres du circuit "presse"...

      Supprimer
    2. Merci pour ces échanges. Concernant les chiffres, il faut bien voir que je n'en ai aucune certitude. J'ai donné mes sources et le site me semblait fiable mais j'en ai trouvés d'autres, ailleurs sur le net, et c'est impossible de savoir qui dit vrai. Ce qui est sûr c'est qu'à chaque fois la part de l'auteur et/ou de l'illustrateur est la plus petite et c'est ça qui me semblait le plus important à faire comprendre. Pourquoi le créateur de l'oeuvre est celui qui gagne le moins lors de la vente de l'oeuvre en question (sauf s'il est connu) ? Probablement parce que les créateurs sont isolés, non salariés et sans force de représentation...

      Supprimer
    3. Oui je comprends bien la logique, et je l'approuve, mais c'est vrai que les chiffres varient selon les éditeurs et leurs pratiques, autant s'appuyer sur des chiffres fiables, et les situer dans le paysage. Manifestement plus on s'approche des éditeurs industriels et plus la part dévolue à l'auteur baisse, plus on va vers les indépendants plus c'est celle de l'éditeur qui baisse (allant parfois bien en dessous de celle de l'auteur, en pourcentage du moins. Souvent, les éditeurs de création peuvent faire leur travail grâce aux bourses allouées aux auteurs, les éditeurs aussi peuvent recevoir une aide à l'édition, mais cela ne concernera jamais la totalité du catalogue. Bien + souvent les éditeurs de création financent l'activité éditoriale par une ou plusieurs autres activités : maquette, travaux de commande, ateliers... comme les auteurs, en somme !)
      J'ai trouvé un autre camembert ici : http://cf.datawrapper.de/UBq5K/1/
      j'avais repris aussi les chiffres de T. Discepolo (éditeur d'Agone) ici : http://www.100jours2012.org/100nuits/2012/04/14/21-le-livre-2eme-partie/

      Supprimer
  4. N'oubliez pas que de toute la chaîne du livre, à part les auteurs, les autres vivent de leur pourcentage sur plusieurs livres cumulés.
    Les auteurs, eux, ne vivent que sur leur propre livre qu'ils ont mis des mois à créer.
    Bref,
    ils sont les seuls à ne pas vivre de la chaîne du livre.
    Pourtant, pas d'auteurs, pas de livres!
    pas d'auteurs, pas de lecteurs!
    pas d'auteurs, pas d'éditeurs, pas de libraires, pas de distributeurs, pas d'imprimeurs, pas de commerciaux, pas d'attachées de presse, etc etc etc

    RépondreSupprimer
  5. Je suis très touchée par votre article car bien sûr je me sens concernée mais aussi parce que vous avez pris le temps et le recul pour expliquer certaines raisons de part nos motivations et notre contexte professionnel. Je partage bien sûr. Merci !

    RépondreSupprimer
  6. T'as vu le concours Biba ? On dessine et on gagne 60 euros de bons d'achats sur A little Market + un abonnement d'un an à Biba ! Incroyable !!!!! Ah j'oubliais, on a un article dans le magazine. Avec ça, on est sûre d'avoir de quoi remplir le caddie à Carrefour :-(

    RépondreSupprimer
  7. Une réalité parfaitement bine illustrée de ce que vivent hélas la plupart des artistes, dont je fais partie. En effet une forte mobilisation s'impose pour avoir un peu plus de poids ! Bravo !

    RépondreSupprimer
  8. Bravo et merci pour votre chronique illustrée qui reflète bien notre dure réalité d'auteur-e / illustra-teur-trice ! Et l'ancienneté n'arrange pas forcément les choses... Pierre Caillou

    RépondreSupprimer