samedi 18 août 2018

À celles qui ne reçoivent jamais d'hommages de la Nation



Dans la nuit du 16 au 17 août, Vanessa Campos, une femme trans travailleuse du sexe a été assassinée par un groupe d'hommes dans le bois de Boulogne. Je ne connais pas sa vie mais depuis que je mets en mots et en images les témoignages de ces femmes migrantes et transsexuelles, j'ai conscience de l'extrême injustice qu'elles subissent car, comme l'explique le STRASS (le Syndicat du travail sexuel) dans un communiqué: "Nos morts sont normalisées. Une pute qui meurt c’est un peu comme un personnage de jeu vidéo qu’on tue, ce n’est pas grave. C’est un peu comme une blague sexiste, on en rit, puis on passe à autre chose."


Je suis d'autant plus émue que je viens de finir cette page extraite du parcours d'une femme trans équatorienne car si ce blog est au ralenti depuis des mois, c'est parce que je travaille sur un projet ambitieux et passionnant qui m'a été commandé par Médecins du Monde: un roman graphique qui raconte les parcours de vie (incroyablement forts) de migrantes, prostituées et/ou transexuelles.
Ce qu'elles me confient depuis des semaines est au delà de ce que j'imaginais sur les capacités de courage et de résilience de l'être humain.

Ce livre sera un hommage à toutes ces femmes qui luttent pour leur survie, qui sont considérées par notre société comme des citoyennes de seconde zone et qui parfois, meurent du rejet qu'elles subissent.

RIP Vanessa.